Le 30 octobre 2016, Fête du Christ-Roi



Chers amis du mois de novembre !

Allez ! Avouez-le ! N’est-ce pas que l’on peut être gêné par le fait d’avoir à payer une messe, comme si on pouvait acheter la faveur de Dieu ?! Le prêtre, l’être gratuit par excellence, vendrait donc un bien spirituel ? S’il n’est pas illégitime que l’homme de la rue (souvent hélas ignorant des choses de Dieu et suspicieux toujours dès qu’il s’agit de mettre la main à son portefeuille) prenne alors un air dubitatif doublé d’un sourire perplexe sinon moqueur, il s’agit tout de même de lever toute incompréhension…
Comprenons bien d’abord de ce dont on parle.  La célébration de la messe a toujours comporté  une offrande matérielle que les fidèles accomplissaient sous différentes formes : offrande du pain et du vin pour l’eucharistie, et conjointement offrande pour les besoins de l’Église, la subsistance du clergé et celle des pauvres. Cette tradition n’est pas une invention du christianisme. Dans l’Ancien Testament, les prêtres recevaient une part des sacrifices faits à Dieu (Lv. 2 et 7). Il y a donc une antique tradition qui témoigne que le prêtre doit toujours pouvoir vivre de l’autel, c’est-à-dire, de la part que Dieu lui fait dans les biens que les hommes offrent au Seigneur. L’actuel Code de droit canonique légitime d’ailleurs cette pratique en précisant que "selon l’usage approuvé de l’Église, tout prêtre célébrant ... la Messe peut recevoir une offrande, pour qu’il applique la Messe à une intention déterminée". (Canon 945).
Par contre, bien évidemment, on n’achète la miséricorde de Dieu  pas plus qu'on ne l'enchaîne ! Le trafic des biens spirituels est condamné dans les Actes des Apôtres qui relate les agissements de Simon le magicien (Ac. 8, 9-25) lequel voulait acheter à prix d’argent la puissance de Dieu (Cette pratique que l’on nomme « simonie » a toujours été condamnée dans l’histoire de l’Église). La messe
n’a pas de prix. Le prix en a été payé une fois pour toutes par le Christ lui-même
qui s’est sacrifié et ce prix est infini. On n’achète pas une messe, on n’achète pas Dieu pour quelques pièces de monnaie. On ne peut donc pas parler de prix en ce qui concerne la somme versée pour une intention de messe, mais bien plutôt d’offrande ou d’honoraires. Cet argent n’est pas pour payer la messe, mais pour aider le prêtre à vivre. Cette offrande est alors une participation financière dont le but principal est de subvenir aux besoins du prêtre.  Ce n’est pas une aumône que l'on fait au prêtre  mais plutôt un mandat qu’on lui confie, celui de porter à l’autel par l’exercice de son ministère le don des fidèles.
En ce mois de novembre, n'hésitons  donc pas à offrir notre prière pour les vivants et pour les défunts et en particulier le sacrifice incomparable et insurpassable de la messe car il est le sacrifice même du Christ. Belle œuvre de justice et de charité que de prier pour les défunts de nos familles, nos amis qui sont rentrés dans leur éternité ainsi que toutes ces personnes qui, sans que nous le sachions même, nous ont aidés ici-bas et attendent désormais nos prières pour accélérer leur marche vers le Ciel !
Notre mot d’ordre pour ces 30 jours à venir tient en trois : VIDONS LE PURGATOIRE !
                                  Votre chapelain