Le dimanche 7 août 2016, XIIème après la Pentecôte



Chers amis des réjouissances !

« Allez, viens ! Viens avec nous ! On va faire la fête ! » Il y a peu de risque à prendre en pariant que cette invitation chantante va résonner plus d’une fois dans les Allées ces prochains jours.
Le mot « fête » est décidément mis à toutes les sauces, il désigne tout… et souvent n’importe quoi. C’est regrettable.
Notre monde matérialiste n’en perd pas le Nord pour autant ! Bien au contraire, il se plaît à mettre en valeur certaines « fêtes » avec comme but non avoué de soutirer le plus possible d’argent aux consommateurs qui y prennent part. Le fêtard invétéré quant à lui vise plus modestement à fuir le quotidien, quotidien du reste qu’il retrouve plus rude encore le lendemain matin… la tête lourde et la bouche pâteuse ne concourant pas nettement aux levers joyeux et enthousiastes… Il y a enfin ces fêtes auxquelles on participe chacun pour soi, sans s’occuper des autres, centrer sur nous-même, nombril d’un instant : le non-altruisme comme c’est dilatant et constructif.
Bien évidemment pour former une communauté d’hommes, une société chrétienne digne de ce nom a besoin de ces temps de fête. Et l’Eglise au cours des siècles ne s’y est d’ailleurs pas trompée. Les prétextes de fête ne manquaient pas : des fêtes païennes christianisées à l’instar des feux de la Saint Jean jusqu’aux fêtes patronales des villes et paroisses qui pavoisaient alors avec couleur et fierté. C’était charmant.
C’est que la fête, la vraie, permet de reprendre souffle. Elle n’a pas pour but d’ouvrir une sorte de parenthèse qui, une fois refermée, laisse un goût amer et désabusé. Elle est plus ultimement un temps pour goûter ce qui est source de joie dans notre vie, afin de repartir avec des forces neuves vers les soucis ou la monotonie inhérents du quotidien.
Et comment donc ? Seulement dans la mesure où elle prolonge la fête solennelle par excellence qu’est le jour du Seigneur. La sainte messe dominicale renforce entre nous les liens de la charité et on peut le dire sans mentir - à l’image du Christ qui se donne en sacrifice par amour pour nous : la clé d’une fête réussie, c’est l’amour partagé. Un amour impéré par la vertu théologale de charité.
Mes chers amis, on ne « fait » pas la fête. L’expression est aussi malheureuse qu’inélégante. On ne « fait » pas la fête, on célèbre quelque chose. Cela est bien plus juste et bien plus puissant.
C’est aussi bien plus amusant.
Bonne feria à vous tous !
Votre chapelain