Le 19 juin 2016, Vème dimanche après la Pentecôte


Chers amis de l’oseille et autres billets doux !

            Jésus n'y va pas par quatre chemins : "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les Cieux. Puis viens, suis-moi." Cet appel, nous l'entendons chaque année dans la l’évangile. Et alors ? Et alors ? Qu’en faisons-nous vraiment ?
«  Quand une personne est attachée à l’argent, elle se détruit elle-même et elle détruit sa famille ! L’argent est destructeur. L’argent sert à réaliser tellement de bonnes choses, tant de travaux pour développer l’humanité. Mais il est destructeur quand la convoitise s’en mêle : avoir plus, avoir plus, avoir plus… Cela conduit à l’idolâtrie, cela détruit la relation aux autres ! Aujourd’hui, ce n’est pas l’homme qui commande, mais c’est l’argent. Et Dieu notre Père nous a confié la charge de garder la terre, pas pour l’argent, mais pour nous, pour les hommes et les femmes, c’est notre devoir ! ». Voilà ce que déclarait le pape François lors d’une homélie le 21 octobre 2013.
La richesse est-elle donc une malédiction ? Ce serait trop dire. Quand Jésus dit : « Malheur à vous les riches ! » (Luc 6, 24), il ne s’agit pas d’une malédiction, mais d’une plainte. Jésus se lamente sur le sort de ceux qui sont tellement repus qu’ils n’attendent plus rien de Dieu, ni de leurs frères. La Parole de Dieu ne condamne pas les richesses : elle met en garde contre leurs dangers.
Nous en avons tous fait l’expérience : l’argent a quelque chose de fascinant, il a vite fait de nous piéger, de nous enfermer dans un sentiment trompeur de sécurité. Insensiblement, si nous n’y prenons pas garde, nous mettons toute notre confiance… en lui. Il nous procure un bonheur illusoire et, ainsi, nous coupe sûrement de la vraie béatitude. Voilà pourquoi Jésus dit : «Malheur aux riches ! »
Le Seigneur dans son évangile nous invite tout simplement à fixer l’ordre des priorités : seul le choix de Dieu peut nous donner la liberté nécessaire à une juste utilisation des richesses matérielles.
Cette liberté se traduira par la capacité de donner, et de donner joyeusement. Mais donner ne suffit pas. En effet, chers amis ! Le don ne doit pas servir d’alibi à notre paresse ou à nos gaspillages : nous ne sommes pas dispenser de gérer notre argent de manière responsable. Personne n’a le droit de faire preuve de légèreté dans la gestion des biens matériels, surtout lorsque, comme c’est souvent le cas dans l’Église, ils sont le fruit de dons ou de collectes.
La richesse nous appelle à être responsables. Evidemment. Parce que Dieu en est la cause. Parce que Dieu nous la confie.
En sommes-nous de bons intendants ? Eléments de réponse mardi soir !
Votre chanoine