Il y a une semaine, le Père Jacques Hamel entrait dans son éternité.

RIP



Notre sidération

     Face à la réalité de l’égorgement du Père Jacques Hamel dans son église, alors qu’il célébrait la messe, alors que ses quatre-vingt-six ans le rendaient inoffensif, les autorités civiles et religieuses de tout bord et de tout horizon ont été nombreuses à témoigner de leur malaise, de leur dégoût et de ce sentiment qui semble prendre un nouveau contour, comme une nouvelle mode, je veux parler du sentiment de sidération.

     Mais n’y-a-t-il pas médecin plus triste et plus navrant que celui qui ne sait pas mettre un mot sur une maladiequ’il veut soigner et dont le diagnostic n’irait pas plus loin qu’une compassion certes attentionnée mais au final somme toute inefficace pour guérir le mal ?

    Notre devoir de disciple du Christ, c’est d’être cette lumière qui éclaire et qui rassure en ayant la charité de dire délicatement toujours, mais avec droiture aussi, la vérité. Le Seigneur nous invite même à la clamer sur les toits. (Mt X, 27)


     « Il n’y a pas de mot pour décrire ce qui est arrivé.»

     « Nous restons sans voix face à ce drame.»

     Quelle pitié d’entendre des phrases pareilles. Et bien nous, nous ne pouvons garder la bouche fermée. Nous ne pouvons nous permettre de verrouiller notre cœur. Ce n’est pas possible. Parce que notre cœur déborde de l’amour du Christ , il ne peut rester sans voix, et voilà ce qu’il dit :

     Il dit que le mal existe et qu’il est d’abord une absence de bien, il est une privation. Une privation comme la maladie est une absence de santé et la colère une absence d’équilibre. Le mal est surtout et avant tout une absence de Dieu, de ce Dieu unique et vrai, de Celui qu’on appelle Père, Fils et Saint-Esprit, notre créateur si doux, notre maître si bon.

     Absent ? Mais il faut bien nous entendre sur ce terme.

    Absent, soit parce qu’on l’a chassé en lui disant que notre vie, que notre famille, que notre société serait bien plus simple sans Lui. C’est le fameux mythe de la liberté sans entrave qui finit inéluctablement par rendre les hommes esclaves d’eux-mêmes ou esclaves des autres.

   Absent aussi, et cela est plus subtil, absent parce que le diable, le « malin » justement, habilement, en le singeant a pris sa place : fausse croyance, fausse doctrine, fausse religion. Car qui ici, ici ou ailleurs, pourrait affirmer qu’égorger un vieillard en se faisant filmer relèverait de convictions religieuses porteuses de paix et dignes de ce nom ?


     Mais il faut bien nous entendre aussi sur le terme de sidération.

     Quant à nous, notre sidération est d’une toute autre nature.

     Notre sidération, c’est ce Dieu qui se fait homme, ce Dieu qui a un visage. C’est Jésus dans la crèche. C’est le spectacle des mages, philosophes et savants, de trois hommes instruits qui ploient le genou et qui se prosternent devant l’Enfant Dieu.

     Notre sidération, c’est le Christ qui est mort pour nos péchés comme le dit saint Paul dans sa lettre aux corinthiens (I Cor XV, 3). Crucifié comme un vulgaire larron, expirant après avoir pardonné à ses bourreaux.

     Notre sidération, c’est de savoir par la Foi qu’Il est ressuscité le troisième jour.

   Notre sidération, c’est Sa présence mystérieuse mais pourtant vivante et réelle, et donc efficace, dans tous les tabernacles du monde.

     Notre sidération, c’est de savoir que Dieu descend sur l’autel tous les jours à travers les mains du prêtre, fut-il fragile et pécheur. Sur quelque autel, dans quelque coin du monde, à chaque fois c’est le même miracle de grandeur et de beauté qui nous transporte et nous élève.


     La vérité bienfaisante et transformante du Christ : deux mille ans de christianisme en témoignent ! En témoignent sans fard. Et je dirai même en témoignent d’une façon outrancière, dans le sens où les siècles de chrétienté poussent la démonstration à l’excès.

     Vérité bienfaisante et transformante du christianisme, oui assurément :

     C’est la charité missionnaire des premiers chrétiens, où il n’y a plus ni juif ni grec ni romain, ni esclave ni homme libre, et où tous se regardent en fils d’un même Père (Ga III, 28), par opposition à un monde sans Dieu, ou de faux Dieu, fait de castes, de classes, de partis et de clans. Charité si intense et si vécue des communautés naissantes que les païens en étaient réduits à dire en les observant : « voyez comme ils s’aiment » ainsi que le rapporte Tertullien (Apologeticum, 39,7). Impression atomique laissée chez leurs semblables, rompus à un monde violent, dur et vengeur.

     La chrétienté, c’est l’empire de la bonté, par opposition à la conquête religieuse par les armes. C’est la civilisation des peuples reculés ou des barbares, appelez-les comme vous voulez, par les blancs manteaux d’églises, par les moines bâtisseurs et évangélisateurs, les religieux éducateurs des premières écoles chrétiennes. Des hommes d’Eglise qui, à travers les siècles, élèvent les cœurs et les âmes à la beauté par les arts et les lettres. Parce que le beau, c’est le vrai bien habillé. Parce que la beauté parle toujours de Dieu.

      La chrétienté, c’est la force au service du bien qui se traduit par la douceur mariée à la noblesse, c’est la civilisation de l’amour, par opposition au fanatisme religieux, à toute emprise par la contrainte et la peur. C’est la conversion des infidèles ou des incroyants, appelez-les comme vous voulez, par le doux évangile du Christ, la sagesse des saints, les sacrifices des humbles, la piété des enfants et par le sang des martyrs.

     Le christianisme, ce sont des cathédrales édifiées vers le Ciel par la sueur et la Foi de ceux qui sont sur terre. Par le travail d’ouvriers, de paysans, par l’enthousiasme des petites gens et par l’argent des plus grands, par opposition aux temples païens construits par l’esclavage et l’exploitation des hommes.

     L’enseignement du Christ, c’est aussi de défendre la vérité quoiqu’il en coûte parce qu’elle nous rend libre. C’est la partager et la vivre avec tout homme, quelle que soit son origine ou ses croyances, par opposition à la culture du mensonge et de la dissimulation permise avec celui qui est considéré comme mécréant.

     La chrétienté, c’est encore l’amour courtois enseigné par l’Eglise, hérité de la chevalerie des seigneurs baptisés,c’est la modestie chrétienne conjuguée à l’élégance dans le vêtement par opposition à la polygamie institutionnalisée et à la frustration méprisante  de la condition féminine que l’on couvre d’une façon intégrale.

      L’élégance dans le vêtement, on le trouve même dans le christianisme jusque dans l’habit des religieuses des congrégations passées dont il fait peine de ne plus voir les vêtures variées déambulées dans nos rues et dans nos cloîtres.


      La chrétienté, c’est tout cela. Et c’est bien plus encore.


   Si nous laissons l’évangile de Jésus « coloniser notre âme » pour reprendre l’expression de Paul Claudel, irrésistiblement nous sentons habiter en nous le plus glorieux des héritages : et forcément, notre sidération devient totale.

     Pour ces croix et pour ces saints. Pour ces exemples et pour ces martyrs.
     Pour ceux des siècles passés et ceux des temps présents.
     Pour ce patrimoine bimillénaire et pour la chrétienté à venir.
     Pour les immenses trésors reçus. Nous ne pouvons rester immobiles.

   Notre sidération est agissante. Elle nous transporte. Elle nous invite à protéger notre héritage. A le protéger pour le transmettre. Transmettre ce que nous avons reçu.

     Dans la paix et la charité du Christ.

     Comme toujours.
                                    
                                          Chanoine Alban Denis
Le 31 juillet 2016, XIème dimanche 2016



Chers amis du courage, de l’audace et de la générosité !

« Tandis que nous prions m’est venue à l’esprit l’image des Apôtres le jour de Pentecôte. Une scène qui peut nous aider à comprendre tout ce que Dieu rêve de réaliser dans notre vie, en nous et avec nous. Ce jour, par peur, les disciples étaient enfermés. Ils se sentaient menacés par un entourage qui les persécutait, qui les contraignait à rester dans une petite chambre, les obligeant à demeurer figés et paralysés. La crainte s’était emparée d’eux. Dans ce contexte, il s’est passé quelque chose de spectaculaire, quelque chose de grandiose. L’Esprit Saint est venu et des langues comme de feu se sont posées sur chacun d’eux, les poussant à une aventure dont ils n’auraient jamais rêvé.[...]
Dans la vie, il y a une autre paralysie encore plus dangereuse et souvent difficile à identifier, et qu’il nous coûte beaucoup de reconnaître. J’aime l’appeler la paralysie qui naît lorsqu’on confond le BONHEUR avec un DIVAN! Oui, croire que pour être heureux, nous avons besoin d’un bon divan. Un divan qui nous aide à nous sentir à l’aise, tranquilles, bien en sécurité. Un divan qui nous maintiendra enfermés à la maison sans nous fatiguer ni sans nous préoccuper. Le divan-bonheur est probablement la paralysie silencieuse qui peut nous nuire davantage; parce que peu à peu, sans nous en rendre compte, nous nous endormons, nous nous retrouvons étourdis et abrutis tandis que d’autres – peut-être plus éveillés, mais pas les meilleurs – décident de l’avenir pour nous.
Mais la vérité est autre: chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour “végéter”, pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endorme; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte. Il est très triste de passer dans la vie sans laisser une empreinte. Mais quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très mais très élevé: nous perdons la liberté.
Chers amis, Jésus est le Seigneur du risque, du toujours “au-delà”. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à changer le divan contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l’amour de Dieu, la joie que laisse dans ton cœur chaque geste, chaque attitude de miséricorde. Aller par les routes en suivant la “folie” de notre Dieu. (…)
Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent (…). Dans les milieux où vous vous trouvez, l’amour de Dieu nous invite à porter la Bonne Nouvelle, en faisant de notre propre vie un don fait à lui et aux autres. »[1]
                                                                                                                                                                              Votre chapelain



[1] Extrait du discours du Pape François aux jeunes des Journées Mondiales de la Jeunesse à Cracovie le samedi 30 juillet 2016
Le 24 juillet 2016, Xème dimanche après la Pentecôte


Chers amis des regards honnêtes !

Ah l’été ! D’un coup d’un seul, notre corps apparaît gagner du terrain. Plus nos vêtements se font légers, plus notre apparence dévoile ce que nous sommes… Ce que renvoie notre miroir ? Pâle reflet de notre regard sur nous-même ! Nous nous aimons ou nous nous détestons : entre rejet et idolâtrie, notre drame c’est d’oublier trop souvent que notre corps est d’abord le temple de l’Esprit.
Notre société, au terme d’une étrange régression, semble revenue aux schémas de la Grèce antique. Des éphèbes musclés aux proportions parfaites et à la nudité revendiquée s’exposent à tous les coins de rue. Deux mille ans de civilisation ne sont pas venus à bout des modèles prépondérants. Pire encore : les mannequins d’aujourd’hui n’ont plus le regard altier de leurs ancêtres de marbre, mais l’œil vide et la lippe méprisante. Décadence, quand tu nous tiens…
« Sculptez votre silhouette », « bien dans son corps avec 5 kg en moins », les magazines rivalisent de manque d’imagination pour vendre leur salade (sans assaisonnement, ça fait grossir). Qu’y a-t-il derrière ce prétendu culte du corps, sinon une immense peur ? Aimons notre corps pour ce qu’il est : le signe visible du mystère de la personne. Ce corps, nous ne l’habitons pas comme une tortue habite sa carapace. Il est nous-même, il est le témoin de ce que nous sommes, il révèle toute notre personne. La personne s’exprime à travers son corps : par lui, elle se dévoile, aime et se laisse aimer. Etre bien dans sa peau, c’est accueillir ce corps par lequel chacun accepte sa vocation propre.
Le laver, le vêtir, le nourrir, le soigner, occupe beaucoup de notre temps. C’est légitime, puisqu’il fait partie intégrante de notre humanité. Refuser notre corps, le droguer, le maltraiter, refuser de le soigner, c’est refuser notre incarnation. « Qui fait l’ange, fait la bête », disait-on autrefois. Ce n’est pas faux. Faisons de notre corps un allié, pas un ennemi. Et cela commence par ne pas l’idolâtrer…

La finalité de notre corps en effet n’est pas la mort, mais la glorification. Nous ressusciterons avec ! Et pour l’éternité. Ciel ! Pourquoi ? Parce que le corps n’est pas seulement un amas de cellules, mais la totalité de la personne. Un chrétien n’a donc pas honte de son corps qui, nous rappelle saint Paul, est honorable dans tous ses aspects (1 Corinthiens 12, 18-25). « Glorifiez Dieu par votre corps », nous dit encore saint Paul (1 Co 6, 20), car il est le temple de l’Esprit (1 Co 3, 16) : cette unité fondamentale de l’âme et du corps est une constituante importante de notre foi chrétienne.

Gustave Thibon affirmait très justement “Ce n'est pas la lumière qui manque à notre regard, c'est notre regard qui manque de lumière.” Souhaitons-nous de regarder notre prochain avec des yeux qui brillent durant tout l’été.
Avec un regard honnête et lumineux.                                                                                                                                                                                      Votre chapelain

Le 17 juillet 2016, IXème dimanche après la Pentecôte


Chers amis des téléphones portables !


Pendant ce mois juillet, ayons de la considération pour les Saintes-Ecritures ! Choyons la parole de Dieu comme nous cocoonons notre téléphone portable !

Avons-nous du reste toujours les textes sacrés à porter de main, dans notre sac ou la poche de notre veste ?  Jetons-y un coup d'oeil plusieurs fois par jour ? 

Retournons la chercher quand nous l'avons oubliée ? Utilisons-nous des passages de la Sainte Bible pour envoyer des messages à nos amis ? Traitons-nous les évangiles comme si nous ne pouvions plus vivre sans eux ? Offrons-nous le Nouveau Testament à nos enfants, pour être toujours en contact avec eux ? Emmenons-le en voyage, au cas où ! Avons-nous toujours à porter du cœur des références bibliques en cas d'urgence ?

Contrairement au téléphone portable, la Bible a toujours un réseau. L’Esprit-Saint est connecté en permanence et la batterie est chargée pour la vie entière. Nous pouvons nous y connecter depuis n'importe quel endroit ! Nous n'avons pas besoin de nous soucier du manque de crédit, puisque DIEU a déjà payé la facture par l’envoi de son Fils Jésus et les crédits sont illimités.

Voici chers amis, pour votre gouverne, les numéros utiles pendant ces vacances. Je ne doute pas que vous saurez les composer en fonction de vos besoins !

NUMEROS UTILES

Vous êtes triste, composez* Jean 14. ou * Romain 8 :31-39
Les gens parlent contre vous, composez *Psaume 27.
Vous êtes énervé, composez*Psaume 51.
Vous êtes inquiet, composez*Matthieu 6, 19-24.
Vous êtes en danger, composez*Psaume 91.
Dieu vous semble loin, composez*Psaume 63.
Votre foi a besoin d'être fortifiée, composez*Hébreux 11.
Vous êtes solitaire et apeuré, composez *Psaume 22.
Vous êtes dur et critique, composez* 1Corinthiens 13.
Pour connaître le secret du bonheur, composez* Colossiens3 :12-17.

Notez ces numéros dans votre agenda !
A très vite au téléphone et en union de prières depuis la Suisse !

                                                                                                                   Votre chapelain
Le 10 juillet 2016, VIIIème dimanche après la Pentecôte


Deo Gratias !


Monsieur le chanoine Florian Braun
dans le jardin à la française du séminaire de Gricigliano
à l’issue de sa première messe célébrée le vendredi 8 juillet dernier

Onze nouveaux prêtres de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre
ont été ordonnés à Florence le jeudi 7 juillet par le Cal Burke
Le 26 juin 2016, VIème dimanche après la Pentecôte


Chers amis des changements de rythme !

            A l’heure du départ en vacances, chacun prépare sa valise avec joie, application et grand sérieux. Serviette de plage, lunette de soleil sans oublier l’essentielle crème solaire : oui, vraiment, ces semaines estivales s’annoncent bien !
Si les vacances font partie de l’équilibre d’une vie (Dieu commande même aux hommes qu’Il a créés de réserver un jour de détente par semaine et le Lui consacrer : le fameux repos dominical qui est aussi jour du Seigneur), elles doivent, chers amis, elles-mêmes rester équilibrées.
Faire sa valise, partir en vacances, ce n’est pas oublier qui nous sommes et « envoyer promener » un certain nombre de nos principes.
Notre communauté, ici dans cette chapelle sainte Rita qui nous est si chère, tout au long des neuf derniers mois a entretenu (ou acquis !) l’habitude de prier chaque semaine dans le cadre protecteur de la nef ; et ce grâce au concours protecteur de la sainte liturgie. Cette bonne habitude, qu’on appelle une vertu, s’est acquise au prix d’efforts et de… constance. Un seul mot vraiment : bravo !
Cependant s’il vous plaît mes frères : devenez toujours davantage des moteurs dans vos foyers pour prier quotidiennement en famille. Prenez le temps de faire plaisir à Dieu pendant ces mois de juillet et d’août en vous mettant à genoux avec vos enfants pour honorer le Ciel qui vous donne la vie et ces vacances.
« Dieu n’est jamais en vacances » entend-on parfois de la bouche de prêtres pour stimuler la piété chez leurs ouailles ! Dieu que la formule est maladroite selon moi. Elle laisse percevoir une vision fort peu appétissante du Très-Haut : Dieu qui « travaille » tout le temps… il y a plus enthousiasmant non ?
Dieu bien au contraire est l’auteur et le sujet du repos éternel ! Il est ce paradis où Il nous attend ! A nous donc de retrousser nos manches spirituelles. A nous de faire en sorte que nos vacances terrestres étant habitées par la présence de Dieu deviennent une sainte préparation aux vacances éternelles du Ciel.
Qui elles seront assurément sans coups de soleil !
Votre chanoine
PS : Avec tout mon dévouement sacerdotal auprès de vous 7 jours/7 et 24h/24 

Le 19 juin 2016, Vème dimanche après la Pentecôte


Chers amis de l’oseille et autres billets doux !

            Jésus n'y va pas par quatre chemins : "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les Cieux. Puis viens, suis-moi." Cet appel, nous l'entendons chaque année dans la l’évangile. Et alors ? Et alors ? Qu’en faisons-nous vraiment ?
«  Quand une personne est attachée à l’argent, elle se détruit elle-même et elle détruit sa famille ! L’argent est destructeur. L’argent sert à réaliser tellement de bonnes choses, tant de travaux pour développer l’humanité. Mais il est destructeur quand la convoitise s’en mêle : avoir plus, avoir plus, avoir plus… Cela conduit à l’idolâtrie, cela détruit la relation aux autres ! Aujourd’hui, ce n’est pas l’homme qui commande, mais c’est l’argent. Et Dieu notre Père nous a confié la charge de garder la terre, pas pour l’argent, mais pour nous, pour les hommes et les femmes, c’est notre devoir ! ». Voilà ce que déclarait le pape François lors d’une homélie le 21 octobre 2013.
La richesse est-elle donc une malédiction ? Ce serait trop dire. Quand Jésus dit : « Malheur à vous les riches ! » (Luc 6, 24), il ne s’agit pas d’une malédiction, mais d’une plainte. Jésus se lamente sur le sort de ceux qui sont tellement repus qu’ils n’attendent plus rien de Dieu, ni de leurs frères. La Parole de Dieu ne condamne pas les richesses : elle met en garde contre leurs dangers.
Nous en avons tous fait l’expérience : l’argent a quelque chose de fascinant, il a vite fait de nous piéger, de nous enfermer dans un sentiment trompeur de sécurité. Insensiblement, si nous n’y prenons pas garde, nous mettons toute notre confiance… en lui. Il nous procure un bonheur illusoire et, ainsi, nous coupe sûrement de la vraie béatitude. Voilà pourquoi Jésus dit : «Malheur aux riches ! »
Le Seigneur dans son évangile nous invite tout simplement à fixer l’ordre des priorités : seul le choix de Dieu peut nous donner la liberté nécessaire à une juste utilisation des richesses matérielles.
Cette liberté se traduira par la capacité de donner, et de donner joyeusement. Mais donner ne suffit pas. En effet, chers amis ! Le don ne doit pas servir d’alibi à notre paresse ou à nos gaspillages : nous ne sommes pas dispenser de gérer notre argent de manière responsable. Personne n’a le droit de faire preuve de légèreté dans la gestion des biens matériels, surtout lorsque, comme c’est souvent le cas dans l’Église, ils sont le fruit de dons ou de collectes.
La richesse nous appelle à être responsables. Evidemment. Parce que Dieu en est la cause. Parce que Dieu nous la confie.
En sommes-nous de bons intendants ? Eléments de réponse mardi soir !
Votre chanoine
Le 12 juin 2016, IVème dimanche après la Pentecôte


Chers amis des consécrations !

            La spiritualité du cœur de Jésus, nous l’avons vu la semaine dernière, c’est la contemplation de l’amour que Dieu nous porte, symbolisé par le cœur transpercé du Christ sur la croix. Cette contemplation nous amène à savoir que l’on est aimé de Dieu et à apprendre à aimer à l’école du Christ.
En ce mois de juin, il peut être très profitable pour notre âme et nos familles d’approfondir le message que le Christ adressa à sainte Marguerite-Marie lors des apparitions de 1675 à Paray-le-Monial. Ce message puissant chers amis, c’est une déclaration d’amour aux hommes, une plainte de ne pas être aimé par la plupart d’entre eux, et un appel à une union particulière d’affection et d’amitié avec Lui !
Pour vos familles, la consécration au cœur de Jésus est une façon de répondre à cet appel du Christ. Le caractère solennel de cette expression cache une réalité simple et belle : celle de dire à Jésus  « Notre famille désire de devenir votre amie. Nous nous donnons à vous pour que nous vivions dans une proximité de cœurs qui produise des effets dans notre foyer ! ».
Communautés, paroisses, diocèses, pays entiers se consacrent ainsi au Seigneur depuis le XIXe siècle. C’est le cas en Pologne où cette spiritualité est particulièrement présente. Sur la terre de saint Maximilien Kolbe et de sainte Faustine, la consécration au cœur de Jésus pour les familles est systématiquement proposée dans les paroisses. Chaque jour de juin, avant la messe, on se rassemble comme un dimanche pour chanter les litanies du Sacré-Cœur. Quelle leçon !
Consacrer sa famille au Sacré-Cœur, voilà mon souhait en ce mois de juin ! La famille, n’est-elle pas le lieu coutumier  de l’exercice de la charité ? Cette consécration consiste à accueillir et introniser chez vous, de façon solennelle, une image du cœur du Christ pour le mettre à la place d’honneur dans la maison, au cours d’une cérémonie conduite par le prêtre. La démarche revient à dire à Jésus : « Demeurez dans notre famille comme notre chef, notre maître et notre roi ».
            « Soyez notre maître et notre roi » : confier cela au Seigneur, serait-ce réservé aux familles d’élites et de choix ? Oh que non ! Cette démarche s’adresse à toutes les familles. Le Christ nous le rappelle : “Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous soulagerai”. La spiritualité du cœur de Jésus ouvre un boulevard pour nous tous : celui où le désir de s’aimer et de vivre la charité relie chacun des membres de la famille !
J’espère donc avoir de nombreuses occasions de venir introniser ou renouveler votre consécration familiale au Sacré-Cœur. Il est l’espoir et le salut de la France.
Il l’est aussi de vos familles.          
Votre chanoine
Le dimanche 5 juin 2016, IIIème dimanche après la Pentecôte


Chers amis du Sacré-Cœur !

            Avec ses pieuses images sulpiciennes, ses ex-voto en fer-blanc un peu kitsch, et ses cœurs sanglants couronnés d’épines à la mystique doloriste, avouons-le : la dévotion au Sacré-Cœur a un petit côté suranné. On aurait pourtant bien tort de la ranger au rayon des pratiques désuètes ! Cette très ancienne dévotion n’a rien de poussiéreux, sauf, bien entendu, à considérer que l’amour de Dieu est dépassé…
La dévotion au Sacré-Cœur plonge ses racines dans l’Écriture sainte, et spécialement sur le témoignage de saint Jean qui, présent lors de la Passion, vit du sang et de l’eau s’écouler du cœur transpercé du Crucifié (Jn 19, 34). Cette eau l’eau vive promise à la Samaritaine est le symbole de l’Esprit Saint et du baptême ; le sang, celui de l’eucharistie. Pour saint Ambroise, le parallèle est évident : de même qu’Ève a été façonnée dans la côte d’Adam, ainsi l’Église est-elle sortie du côté transpercé du nouvel Adam. C’est donc toute la vie de l’Église, mais aussi celle de chacun de nous, qui trouve sa source dans le cœur ouvert du Christ ! On ne se lasse pas d’admirer une telle vérité n’est-ce pas ?!
La spiritualité du Sacré-Cœur nous invite à contempler ce cœur aux capacités d’amour infinies et transpercé par le péché et l’ingratitude des hommes. Du côté blessé du Crucifié jaillit un surcroît de bénédictions : ouvert, le Sacré-Cœur répand ses grâces en abondance. Bienheureux coup de lance qui a libéré le flot de la miséricorde ! Contempler le Sacré-Cœur, c’est accepter de plonger dans « le signe et le symbole éminent » de l’amour dont le Fils aime le Père mais aussi chacun d’entre nous (cf. Pie XII, encyclique sur le Sacré-Cœur Haurietis aquas).
La dévotion au Sacré-Cœur nous invite à reprendre conscience de la profondeur de l’amour de Dieu et à y répondre avec ferveur et gratitude. « Dieu a sauvé chacun de nous et chacun de nous vaut le sang de Dieu » (Bernanos, Journal d’un curé de campagne). Ne sommes-nous pas frileux, enfermés dans cette fameuse peur de « choquer » qui préfère mettre un mouchoir sur la foi plutôt que d’en témoigner ? Ne sommes-nous pas souvent distraits, indifférents ou négligents ? Si, comme le disait saint Justin, nous sommes « taillés dans le cœur du Christ », nous devrions brûler d’amour pour Lui, non ?!
Contempler le cœur ouvert de Jésus est un puissant antidote à la tristesse, au manque d’espérance de ceux qui se croient trop nuls pour bénéficier du salut, à l’acédie, cette espèce de paresse spirituelle qui va jusqu’au dégoût de Dieu ou à l’indifférence totale. Elle combat aussi.
Le capucin Raniero Cantalamessa éveille notre attention sur un fait insolite : « Il existe, au sein de la Trinité, un cœur humain qui bat ! Un cœur transpercé mais vivant ». En célébrant le Sacré-Cœur durant ce mois de juin, rendons grâce pour l’amour infini qui se déverse du cœur ouvert de Jésus.
Au sein de la Trinité, le Sacré-Cœur bat pour nous !                                                                                                                                                                                               Votre Chanoine
Le 29 mai 2016

Chers amis des « rendez-vous »… avec le bon Dieu !


            "Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte et prie ton Père qui est là dans le secret." (Mt VI, 6). « Quand tu pries »... : Encore faut-il s’y mettre ! Se frotter au cœur de Dieu et polir notre âme au contact de son évangile. Avons-nous une réelle vie de prière ? La question mérite d’être posée.
C’est que, mes chers amis, chacun d’entre nous est appelé à un rendez-vous privilégié avec le Seigneur. Et que cela nous rassure : il y a tant et tant de façons de prier ! Parce que Dieu a de multiples facettes. Parce que nous sommes uniques. Parce que notre relation à Dieu l'est également.
Ne croyons pas que l’exercice de la prière soit réservé à une élite de contemplatifs ou de dévots sous-occupés ! Si chacun de nous est appelé à entretenir un lien intime et fidèle avec le Seigneur, ce n’est pas une question de libre-choix ou de degré de dévotion : au secours ! Il suffit d’examiner notre conscience : que l’on soit un hyper actif du CAC 40 ou une mère de famille nombreuse, un notable ou un sans-grade : tous, nous sommes conviés quotidiennement à plier les genoux et joindre nos mains pour entrer en relation avec le Ciel. Tout de même, ne pouvons-nous pas trouver quelques minutes dans notre journée à consacrer au bon Dieu ?
S'il est vrai que l'on peut prier à toute heure et en tous lieux, il n'en demeure pas moins que c'est dans le silence que la prière s'approfondit. Tout au long de sa vie, Jésus a prié. Dans le silence, à l'écart sur la montagne, du début à la fin de son ministère, dans la joie et dans la peur : jamais Il n'a douté de l'amour de son Père. A nous de trouver, chaque jour, dix minutes de calme. Sous Son regard. Dix minutes dont le commencement - un beau et lent signe de croix – laisse présager de la suite…
Tous, nous sommes attendus par le Seigneur. A nous d’être prompt à Le rencontrer, attentifs à ce qu'Il veut nous dire, disponibles à ce qu’Il nous invite à faire. Qu'importe si nous ne savons pas prier. Ce n’est pas le résultat qui compte, mais les moyens entrepris qui donnent à nos « rendez-vous divins » leur cachet et leur valeur.
La prière, c’est la respiration de l’âme. Le parcours de notre existence est long et semé d’obstacles. En union avec Lui, prions donc sans nous lasser.
Bien respirer, voilà la clef. La victoire est à ce prix. Mais Dieu qu’elle est sublime !

                                                                                                                                            Votre Chanoine